Le “Savoir” et…l’intelligence   15 comments

La véritable intelligence consiste à rendre au savoir la place qui lui revient. Sans certaines connaissances, il n’est pas possible de vivre dans cette société technologique et presque mécanique, mais ce savoir ne pourra transformer radicalement l’être humain et le monde dans lequel il vit.

Le savoir n’est pas la perfection de l’intelligence.

L’intelligence peut faire appel au savoir et le fait effectivement, transformant ainsi l’homme et la société.

Mais l’intelligence ne réside pas dans le seul fait de cultiver l’intellect et son intégrité. Elle découle d’une compréhension pleine et lucide de la conscience de l’homme, de vous-même, et non d’une partie, d’un segment isolé de vous-même.

L’étude et la compréhension du mouvement de votre propre esprit, de votre propre coeur donne naissance à l’intelligence.

Vous êtes le contenu de votre propre conscience. En vous connaissant vous-même, vous connaîtrez l’univers entier. Cette connaissance se situe au-delà des mots, car le mot n’est pas la chose.

Se libérer du connu, à chaque instant de votre vie, voilà l’essence de l’intelligence. C’est cette forme d’intelligence qui agit dans l’univers si vous n’y faites pas obstacle. Ne pas se connaître soi-même, c’est détruire l’ordre sacré des choses. Les études que d’autres ont pu entreprendre sur vous ou sur eux-mêmes ne modifient en rien cette ignorance. C’est à vous et vous seul qu’il appartient d’étudier le contenu de votre conscience. Les recherches menées par d’autres sur eux-mêmes, et donc sur vous, ne sont qu’autant de descriptions.

Le mot n’est pas la chose. (Krishnamurti – Dernier journal – Avril 1975)

Publié le 18 mai 2012 par Coeur de Lyon007 dans Non classé

Anita…. Amour véritable…Attention…Etat de bonheur…   13 comments

Voilà trois commentaires d’Anita au sujet de thèmes tels que l’Amour, l’Attention, le Bonheur :

L’Amour véritable :

Oui, il est difficile “d’être l’Amour” dans ce monde où toute attitude différente paraît suspecte.

Et cependant, il faut continuer à Aimer parce que l’Amour est le Cadeau, le Joyau que nous portons en nous et dont l’homme a plus que jamais besoin aujourd’hui. Je porte aussi l’Amour en moi et nous sommes légions. Je le porte dans les mots, les paroles, les gestes. Je le vis au quotidien, avec tolérance pour ceux qui l’ignorent, avec bienveillance, compassion. J’aime inconditionnellement l’être humain car je sais, par expérience, combien il est difficile d’avancer sur un chemin et de vivre dans l’ignorance, dans l’ignorance que nous sommes bien plus que ce que nous croyons être. De ma sensibilité, j’en ai fait une force que je dois aussi canaliser, car la force peut jouer des tours (sourire).

Je reviens en mon Temple et de là, je vis sereine dans l’instant, en paix avec moi-même et le reste de l’univers. Tu es Amour Jacques dans tout ce que tu fais. Ne te soucie pas de ce que les autres pensent de toi, avance sur ton chemin avec foi. Tu n’es pas seul sur ce chemin, tu es accompagné et ici, sur cette belle Terre, il y a de l’Amour à profusion autour de toi.

Aime, aime et aime à l’infini. L’Amour est puissant, il ne faut pas le contenir, il faut le libérer. Ce que tu portes en toi est une force…Remercie d’en être ainsi comblé ainsi que je le fais.

Anita (18/01/2009)

 L’Attention :

Les graines de l’attention et ses plus beaux fruits se sèment et se cueillent dans l’instant présent… Présent, cadeau, le cadeau du présent, l’Attention…Et dans l’instant tout se vit, tout se ressent. La puissance de l’instant n’a d’égale que l’attention que nous y mettons à y rester. Notre esprit aime à s’y évader, il aime voyager, imaginer, se heurter, rêver, rire et pleurer, s’égarer pour mieux y revenir ressourcé. Et sa source Est l’Instant Présent, quand l’esprit revient vers l’Attention.

Alors l’attention devient Création. Elle se rempli de Vie. Oui, elle devient accueil et elle s’offre ainsi dans sa complétude à l’autre mais il est difficile dans ce monde qui nous bouscule de vivre pleinement toutes les joies de l’Attention.

L’attention doit commencer son chemin par Nous… Nous devons d’abord être attentifs à nous-mêmes, cela nous oblige à nous connaître et à nous reconnaître dans nos agacements, nos impatiences, nos petites lâchetés et nos imperfections tout autant qu’en notre beauté, notre divinité, notre sagesse et notre discernement

Être attentif à soi pour être attentif à l’autre, voilà peut-être le secret de la paix intérieure, un de ses nombreux chemins ou méandres, mais une voie assurément à parcourir, sans modération, car il est bon de partager les instants présents dans l’Attention…Merci pour ce voyage Jacques, un beau voyage …Oui, l’Attention est de l’Amour.

 Anita (04/04/2009)

L’état de Bonheur :

Combien se perdent à le chercher, ce bonheur dont tout le monde parle. Mais quel est donc le secret de cet état inaltérable dans lequel un être humain baigne en permanence quoi qu’il se passe autour de lui. En quoi est-il différent lorsqu’il est ainsi “habité” ? Je ne sais pas, je n’ai pas la réponse.

Le bonheur m’habite, depuis toujours sans doute à moins que non, je m’en suis donnée les moyens. Je me suis dit qu’il était possible de vivre autrement que dans la souffrance et que pour avancer je pouvais le faire dans un autre état d’être. Je suis allée au fond de moi, chercher cette étincelle, cette petite flamme et je l’ai rallumée, parce qu’elle n’attendait que ça, mon approbation, que je m’octroie le droit d’être heureuse en toutes circonstances, en tous lieux, quoi qu’il se passe autour de moi, je me le devais, je le méritais. Alors j’ai allumé la flamme et je l’ai montrée aux autres en étant “autre”, un autre “moi”, un “moi” rayonnant dans toute sa simplicité.

Le chemin du bonheur est un chemin intérieur, quelque que soit le bagage dont nous sommes porteurs à la naissance, nous avons le droit, envers et contre tout, de rayonner le bonheur, même à travers nos larmes, nos souffrances et nos cris, car lorsqu’il nous habite, curieusement, il se répand à l’intérieur, il prend sa place, son expansion au fil du temps est surprenante, il nous débarrasse des scories, ces peurs intestines qui nous bloquaient, il nous élève et nous révèle, à notre rythme… Car il appartient à chacun de le vivre, impalpable, il ne peut se “transmettre” même s’il en devient contagieux…  Lorsqu’il nous habite en profondeur, il ne quitte plus son réceptacle, nous devenons son tabernacle. Je sais pourquoi je l’ai appelé, pour le rayonner et contaminer …. N’est ce pas là une saine contamination ???

Laissons-nous porter par sa caresse et sa chaleur, son sourire est pur bonheur, il est Simple, il est Vie et il est Joie et son rayonnement est Amour. Merci Jacques de partager ton bonheur avec nous.

Regarde tous ces mots, comme il fait tant parler et pourtant, tu as raison, aucun mot ne suffira jamais à le décrire, alors, peut-être demain, quelqu’un le nommera, un nouveau mot pour un nouvel Etat d’Etre… Je partage le mien avec toi…

 Anita (28/04/2009)

Publié le 29 décembre 2011 par Coeur de Lyon007 dans Le Sens de la vie...

Anita Le SANT….Amour et Confiance…   18 comments

Anita me disait :

“C’est le manque d’Amour qui nous blesse et nous tue sans cesse, non pas l’Amour de l’autre, mais l’Amour de nous-mêmes, cet Amour que nous possédons tous en nous et que nous ne prenons pas le temps d’aller chercher pour lui permettre d’éclore.

Cet Amour là est un “miracle” en soi car non seulement il transforme notre vision de la Vie, il modifie également toutes nos perceptions. Nous ne pouvons plus regarder l’autre autrement qu’à travers ses yeux et nous le voyons tel qu’il est à l’intérieur et non tel qu’il paraît à l’extérieur.

L’Amour inconditionnel est un cadeau inestimable que nous possédons tous. Mais il nous faut aller à sa rencontre, le libérer, apprendre avec lui à nous comporter autrement, nous “surveiller” afin de ne pas retomber dans nos pièges du jugement et lorsque nous avons bien appris à le connaître, à nous connaître, il fait son chemin en nous, il nous transforme et en nous transformant, c’est le monde autour de nous qu’il transforme …

Le monde dont nous rêvons, peu à peu se dessine pour nous. Le rayonnement de l’Amour est puissant et généreux. Une seule pensée orientée apporte de la Lumière là où règne l’ombre. Ne nous privons pas de ce cadeau, il est inestimable …C’est effectivement “la seule révolution qui vaille”…   Anita (11/09/2010).

Anita est dans chaque parcelle de Vie…

Dans le ruisseau qui chante,

Dans le piaillement des oiseaux,

Dans la bise légère,

Ou les bourrasques du « Mistral »,

Dans les yeux de notre voisin,

Ou la voix du chanteur…

 Anita, c’est la Vie tout autour de nous !

 Abreuvons nous de ses écrits,

Prenons conscience de la justesse de ses mots,

Jusqu’au plus profond de nous même,

Et véhiculons ses convictions de tout notre Cœur.

 Anita est là…bienveillante et heureuse,

Juste à côté de chacun de nous !

 Jacques

Publié le 28 décembre 2011 par Coeur de Lyon007 dans Le Sens de la vie...

Quinze jours de vélo en Corse…   22 comments

Notre slogan : “Plus tu pédales moins fort, moins tu vas plus vite !”

Vacances un peu sportives : Découverte des villages de la Corse intérieure.

C’était 15 jours de pur bonheur !

Des villageois accueillants et serviables, des paysages majestueux, des forêts magnifiques et de superbes torrents…

Mais nous avons dû gravir 12 cols pour un dénivelé cumulé de 4111 m et parcourir plus de 450 km…

 

 

                                     

 

Et tout ça avec les sacs de couchages et la guitoune…!

 

 

 

Publié le 21 septembre 2011 par Coeur de Lyon007 dans Non classé

Descendre au fond de soi…   34 comments

 

Descendre, descendre…en soi.

Abandonner,

S’abandonner,

Tout abandonner, en confiance…

Lâcher toutes ses propres défenses,

Et se laisser aller à l’inconnu…

Descendre dans les profondeurs de sa mémoire où tout est inscrit.

Descendre dans les abysses de ses entrailles où tout est écrit.

Tous les sentiments,

Toutes les peurs,

Toutes les frayeurs,

Toutes les joies mais aussi toutes les extrêmes douleurs…

Descendre là où…

Là où les douleurs atroces côtoient les bonheurs les plus divers…

Se rendre compte comme nous avons embelli nos joies,

Allant parfois jusqu’à dénaturer la réalité de « ce qui est »…

Regarder les moments douloureux…

Dénicher le peu de ce que l’on sait de ces moments là.

Les débusquer,

Les arracher de leur terreau fertile,

Les remettre à jour,

Et prendre conscience de toutes les pensées, tous les sentiments

Qui nous ont traversé l’esprit dans ces instants là.

Regarder au fond des yeux ces douleurs mises à nu…

Elles ne s’effaceront pas !

On ne peut les oublier !

Mais débarrasser tout ce qui a été construit pour cacher l’innommable,

Rend ces douleurs sans influence…

Lentement, doucement, le brouillard se dissipe,

Alors se dessinent le chemin et les portes de la Liberté…

La voie pour se réapproprier son corps… et son esprit.

 Jacques

Publié le 8 juillet 2011 par Coeur de Lyon007 dans Le Sens de la vie...

Un être humain qui s’éteint…   45 comments

Devant vos commentaires passionnés, mes amis québecois, j’ai cherché et trouvé le texte intégral du Père Gédéon. C’est encore plus beau :

Je n’ai qu’une toute petite foi naturelle, fragile, vacillante, bougonneuse et toujours inquiète.
Une foi qui ressemble bien plus à une espérance qu’à une certitude.

Mais voyez-vous, à la courte lumière de ma faible raison, il m’apparaît irrationnel, absurde, injuste et contradictoire
que la vie humaine ne soit qu’un insignifiant passage de quelques centaines de jours sur cette terre ingrate et somptueuse.

Il me semble impensable que la vie, une fois commencée, se termine bêtement par une triste dissolution dans la matière, et que l’âme, comme une splendeur éphémère, sombre dans le néant après avoir inutilement été le lieu spirituel et sensible de si prodigieuses clarté, de si riches espérances et de si douces affections.

Il me parait répugner à la raison de l’homme autant qu’à la providence de Dieu que l’existence ne soit que temporelle et qu’un être humain n’ait pas plus de valeur et d’autre destin qu’un caillou.

J’ai déjà vécu beaucoup plus que la moitié de ma vie; je sais que je suis sur l’autre versant des cimes et que j’ai plus de passé que d’avenir.
Alors j’ai sagement apprivoisé l’idée de ma mort.
Je l’ai domestiquée et j’en ai fait ma compagne si quotidienne qu’elle ne m’effraie plus…ou presque.

Au contraire, elle va jusqu’à m’inspirer des pensées de joie.
On dirait que la mort m’apprend à vivre.
Si bien que j’en suis venu à penser que la vraie mort, ce n’est pas mourir, c’est perdre sa raison de vivre.
Et bientôt, quand ce sera mon tour de monter derrière les étoiles, et de passer de l’autre côté du mystère, je saurai alors quelle était ma raison de vivre.
Pas avant.

Mourir, c’est savoir, enfin.
Sans l’espérance, non seulement la mort n’a plus de sens, mais la vie non plus n’en a pas.

Ce que je trouve beau dans le destin humain, malgré son apparente cruauté, c’est que, pour moi, mourir, ce n’est pas finir, c’est continuer autrement.
Un être humain qui s’éteint, ce n’est pas un mortel qui finit, c’est un immortel qui commence.

La tombe est un berceau.
Mourir au monde, c’est naître à l’éternité.

Car la mort n’est que la porte noire qui s’ouvre sur la lumière.  
La mort ne peut pas tuer ce qui ne meurt pas. Or notre âme est immortelle.
Il n’y a qu’une chose qui peut justifier la mort…. C’est l’immortalité.

Mourir, au fond, c’est peut-être aussi beau que de naître.
Est-ce que le soleil couchant n’est pas aussi beau que le soleil levant ?
Un bateau qui arrive à bon port, n’est-ce pas un événement heureux ?

Et si naître n’est qu’une façon douloureuse d’accéder au bonheur de la vie, pourquoi mourir ne serait-il pas qu’une façon douloureuse de devenir heureux ?

La plus jolie chose que j’ai lue sur la mort, c’est Victor Hugo qui l’a écrite.
C’est un admirable chant d’espérance en même temps qu’un poème d’immortalité :

“Je dis que le tombeau qui sur la mort se ferme,

Ouvre le firmament,

Et que ce qu’ici bas nous prenons pour le terme
Est le commencement.”

Extrait de “la tombe est un berceau”.

Magnifique texte de Doris Lussier qu’il m’arrive souvent de lire… et qui m’apaise…

Jacques

Publié le 16 février 2011 par Coeur de Lyon007 dans Non classé

Heureux sont les pauvres en esprit…   19 comments

Voilà un texte de Maître Eckhart que je  vous soumets .

Qu’en pensez vous ?

Certains penseurs libres ont touché là où l’esprit s’ouvre au-delà de sa propre limitation, là où tout s’apaise et communie en un souffle vivant.

Chez ceux là, la pensée est vive comme l’épée, qu’elle jaillisse en quelques mots ou qu’elle se développe, elle a la concision qui fait le tranchant, elle révèle le faux. 

Elle le fait au-delà du conditionnement, celui-là même auquel nous ne pouvons prétendre  échapper,  le traverser…

Maître Eckhart (1260-1327)

Par la bouche de la sagesse, la félicité énonça : «Heureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux leur appartient.» Les anges, les saints, tout ce qui ne naquit jamais doit être silence quand parle l’éternelle sagesse du Père car toute la sagesse des anges et de toutes les créatures n’est que pur néant devant l’insondable sagesse de Dieu.

Cette sagesse a dit : «Heureux sont les pauvres.» 

Or il y a deux genres de pauvreté. La pauvreté extérieure, bonne et très louable lorsque l’homme la vit volontairement par amour pour notre seigneur Jésus-Christ, comme lui-même l’a assumée sur terre. Mais selon la parole de notre Seigneur, il est une autre pauvreté, une pauvreté intérieure ; puisqu’il dit : « Heureux sont les pauvres en esprit ! »

Soyez, je vous prie, de tels pauvres afin de comprendre ce discours car, je vous le dis au nom de la vérité éternelle, si vous ne devenez pas semblables à cette vérité, vous ne pourrez pas me comprendre. D’aucuns m’ont interrogé sur la vraie pauvreté et sur ce qu’il faut entendre par un homme pauvre.

 Je vais maintenant leur répondre.

L’évêque Albert dit : «Est un homme pauvre celui qui ne peut se contenter de toutes les choses que Dieu a jamais créées», et cela est bien dit. Mais nous allons encore plus loin et situons la pauvreté à un niveau bien plus élevé.

Est un homme pauvre celui qui ne veut rien, ne sait rien et ne possède rien.

Je vais vous parler de ces trois points et vous prie, par amour de Dieu, d’essayer de comprendre cette vérité, si cela vous est possible. Mais si vous ne la comprenez pas, n’en soyez pas troublés car je parlerai d’un aspect de la vérité que très peu de gens, même profonds, sont en mesure de comprendre.

Nous dirons d’abord qu’un homme pauvre est celui qui ne veut rien. Bien des gens ne comprennent pas véritablement ce sens. Ce sont ceux qui s’adonnent à des pénitences et à des pratiques extérieures, performances qu’ils tiennent néanmoins pour considérables, alors qu’ils ne font que s’auto glorifier. Que Dieu en ait pitié de si peu connaître la vérité divine ! Ils sont tenus pour saints, d’après leurs apparences extérieures, mais au dedans ce sont des ânes qui ne saisissent pas le véritable sens de la divine vérité. Ces gens disent bien que pauvre est celui qui ne veut rien, mais selon l’interprétation qu’ils donnent à ces mots, l’homme devrait vivre en s’efforçant de ne plus avoir de volonté propre et tendre à accomplir la volonté de Dieu. Ce sont là des gens bien intentionnés et nous sommes prêts à les louer. Dieu, dans sa miséricorde, leur accordera sans doute le royaume des cieux, mais, je dis moi, par la vérité divine, que ces gens ne sont pas, même de loin, de vrais pauvres. Ils passent pour éminents aux yeux de ceux qui ne connaissent rien de mieux, cependant ce sont des ânes qui n’entendent rien de la vérité divine. Leurs bonnes intentions leur vaudront sans doute le royaume des cieux, mais de cette pauvreté dont nous voulons maintenant parler, ils ne connaissent rien.

Si on me demandait ce qu’il faut entendre par un homme pauvre qui ne veut rien, je répondrais : aussi longtemps qu’un homme veut encore quelque chose, même si cela est d’accomplir la volonté toute chère de Dieu, il ne possède pas la pauvreté dont nous voulons parler.

Cet homme a encore une volonté : accomplir celle de Dieu, ce qui n’est pas la vraie pauvreté. En effet, la véritable pauvreté est libre de toute volonté personnelle et pour la vivre, l’homme doit se saisir tel qu’il était lorsqu’il n’était pas. Je vous le dis, par l’éternelle vérité : aussi longtemps que vous avez encore la soif d’accomplir la volonté de Dieu, et le désir de l’éternité de Dieu, vous n’êtes pas véritablement pauvre, car seul est véritablement pauvre celui qui ne veut rien et ne désire rien.

Quand j’étais dans ma propre cause, je n’avais pas de Dieu et j’étais cause de moi-même, alors je ne voulais rien, je ne désirais rien car j’étais un être libre et me connaissais moi-même selon la vérité dont je jouissais. Là, je me voulais moi-même et ne voulais rien d’autre, car ce que je voulais je l’étais, et ce que j’étais je le voulais. J’étais libre de Dieu et de toute chose. Mais lorsque par ma libre volonté j’assumais ma nature créée, alors Dieu est apparu, car avant que ne fussent les créatures, Dieu n’était pas Dieu, il était ce qu’il était. Mais lorsque furent les créatures, Dieu n’a plus été Dieu en lui-même, mais Dieu dans les créatures. Or nous disons que Dieu, en tant que ce Dieu-là, n’est pas l’accomplissement suprême de la créature car pour autant qu’elle est en Dieu, la moindre créature a la même richesse que lui. S’il se trouvait qu’une mouche ait l’intelligence et pouvait appréhender l’éternel d’où elle émane, nous dirions que Dieu, avec tout ce qu’il est, en tant que Dieu, ne pourrait satisfaire cette mouche. C’est pourquoi nous prions d’être libres de Dieu et d’être saisi de cette vérité et d’en jouir éternellement là où les anges les plus élevés, la mouche et l’âme sont un ; là où je me tenais, où je voulais ce que j’étais, et étais ce que je voulais.

Nous disons donc que l’homme doit être aussi pauvre en volonté que lorsqu’il n’était pas. C’est ainsi qu’étant libre de tout vouloir, cet homme est vraiment pauvre. Pauvre en second lieu est celui qui ne sait rien. Nous avons souvent dit que l’homme devrait vivre comme s’il ne vivait ni pour lui-même, ni pour la vérité, ni pour Dieu. Nous allons maintenant encore plus loin en disant que l’homme doit vivre de telle façon qu’il ne sache d’aucune manière qu’il ne vit ni pour lui-même, ni pour la vérité, ni pour Dieu. Bien plus, il doit être à tel point libre de tout savoir qu’il ne sache ni ne ressente que Dieu vit en lui. Mieux encore, il doit être totalement dégagé de toute connaissance qui pourrait encore surgir en lui. Lorsque l’homme se tenait encore dans l’être éternel de Dieu, rien d’autre ne vivait en lui que lui-même.

Nous disons donc que l’homme doit être aussi libre de tout son propre savoir, qu’il l’était lorsqu’il n’était pas et qu’il laisse Dieu opérer selon son vouloir en en demeurant libre. Tout ce qui découle de Dieu a pour fin une pure activité. Mais l’activité propre à l’homme est d’aimer et de connaître. Or la question se pose de savoir en quoi consiste essentiellement la béatitude.

Certains maîtres disent qu’elle réside dans la connaissance, d’autres dans l’amour. D’autres encore qu’elle réside dans la connaissance et l’amour. Ces derniers parlent déjà mieux. Quant à nous, nous disons qu’elle ne réside ni dans la connaissance ni dans l’amour. Il y a dans l’âme quelque chose d’où découlent la connaissance et l’amour. Ce tréfonds ne connaît ni n’aime comme les autres puissances de l’âme. Celui qui connaît cela connaît la béatitude. Cela n’a ni avant ni après, sans attente, et est inaccessible au gain comme à la perte. Cette essence est libre de tout savoir que Dieu agit en elle, mais se jouit elle-même par elle-même comme le fait Dieu.

Nous disons donc que l’homme doit se tenir quitte et libre de Dieu, sans aucune connaissance, ni expérience que Dieu agit en lui et c’est ainsi seulement que la véritable pauvreté peut éclore en l’homme.

Certains maîtres disent : Dieu est un être, être raisonnable qui connaît toute chose. Or nous disons : Dieu n’est ni être ni être raisonnable, et il ne connaît ni ceci, ni cela. Dieu est libre de toute chose et c’est pourquoi il est l’essence de toute chose. Le véritable pauvre en esprit doit être pauvre de tout son propre savoir, de sorte qu’il ne sache absolument rien d’aucune chose, ni de Dieu ni de la créature, ni de lui-même. Libre de tout désir de connaître les œuvres de Dieu ; de cette façon seulement, l’homme peut être pauvre de son propre savoir.

En troisième lieu, est pauvre l’homme qui ne possède rien. Nombreux sont ceux qui ont dit que la perfection résidait dans le fait de ne rien posséder de matériel, et cela est vrai en un sens, mais je l’entends tout autrement.

Nous avons dit précédemment qu’un homme pauvre ne cherche même pas à accomplir la volonté de Dieu, mais qu’il vit libre de sa propre volonté et de celle de Dieu, tel qu’il était lorsqu’il n’était pas. De cette pauvreté nous déclarons qu’elle est la plus haute.

Nous avons dit en second lieu que l’homme pauvre ne sait rien de l’activité de Dieu en lui. Libre du savoir et de la connaissance, autant que Dieu est libre de toute chose, telle est la pauvreté la plus pure. Mais la troisième pauvreté dont nous voulons parler maintenant est la plus intime et la plus profonde : celle de l’homme qui n’a rien. Soyez toute écoute ! Nous avons dit souvent, et de grands maîtres l’ont dit aussi, que l’homme doit être dégagé de toute chose, de toute œuvre, tant extérieure qu’intérieure, de telle sorte qu’il soit le lieu même où Dieu se trouve et puisse opérer. Mais à présent, nous allons au-delà. Si l’homme est libre de toute chose, de lui-même, et même de Dieu, mais qu’il lui reste encore un lieu où Dieu puisse agir, aussi longtemps qu’il en est ainsi, l’homme n’est pas encore pauvre de la pauvreté la plus essentielle. Dieu ne tend pas vers un lieu en l’homme où il puisse opérer.

La véritable pauvreté en esprit c’est que l’homme doit être tellement libéré de Dieu et de toutes ses œuvres que, Dieu voulant agir en l’âme, devrait être lui-même le lieu de son opération. Et cela il le fait volontiers car, lorsque Dieu trouve un homme aussi pauvre, Dieu accomplit sa propre œuvre et l’homme vit ainsi Dieu en lui, Dieu étant le lieu propre de ses opérations. Dans cette pauvreté, l’homme retrouve l’être éternel qu’il a été, qu’il est maintenant et qu’il sera de toute éternité.

Saint Paul dit : «Tout ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu.» Or, notre discours semble transcender la grâce, l’être, la connaissance, la volonté, et tout désir. Comment donc comprendre la parole de saint Paul ? On répondra que la parole de saint Paul est vraie. Il fallait qu’il soit habité par la grâce ; c’est elle qui opéra pour que ce qui était potentiel devint actuel. Lorsque la grâce prit fin, Paul demeura ce qu’il était.

Nous disons donc que l’homme doit être si pauvre qu’il ne soit, ni ne possède en lui aucun lieu où Dieu puisse opérer. Tant qu’il conserve une localisation quelle qu’elle soit, il garde une distinction. C’est pourquoi je prie Dieu d’être libre de dieu car mon être essentiel est au-delà de Dieu en tant que Dieu des créatures.

Dans cette divinité où l’Être est au-delà de Dieu, et au-delà de la différenciation, là, j’étais moi-même, je me voulais moi-même, je me connaissais moi-même, pour créer l’homme que je suis. Ainsi je suis cause de moi-même selon mon essence, qui est éternelle, et non selon mon devenir qui est temporel. C’est pourquoi je suis non-né et par là je suis au-delà de la mort. Selon mon être non-né, j’ai été éternellement, je suis maintenant et demeurerai éternellement. Ce que je suis selon ma naissance mourra et s’anéantira de par son aspect temporel. Mais dans ma naissance éternelle, toutes les choses naissent et je suis cause de moi-même et de toutes choses. Si je l’avais voulu, ni moi-même ni aucune chose ne serait, et si je n’étais pas, Dieu ne serait pas non plus. Que Dieu soit Dieu, je suis la cause ; si je n’étais pas, Dieu ne serait pas. Mais il n’est pas nécessaire de comprendre cela.

Un grand maître a dit que sa percée est plus noble que son émanation, et cela est vrai. Lorsque j’émanais de Dieu, toutes les choses dirent : Dieu est. Mais cela ne peut me combler car par là je me reconnaîtrais créature. Au contraire, dans la percée, je suis libéré de ma volonté propre, de celle de Dieu, et de toutes ses expressions, de Dieu même. Je suis au-delà de toutes les créatures et ne suis ni créature, ni Dieu. Je suis bien plus. Je suis ce que j’étais, ce que je demeurerai maintenant et à jamais. Là je suis pris d’une envolée qui me porte au-delà de tous les anges. Dans cette envolée, je reçois une telle richesse que Dieu ne peut me suffire selon tout ce qu’il est en tant que Dieu et avec toutes ses œuvres divines. En effet, l’évidence que je reçois dans cette percée, c’est que Dieu et moi sommes un. Là je suis ce que j’étais. Je ne crois ni ne décrois, étant la cause immuable qui fait se mouvoir toute chose. Alors Dieu ne trouve plus de place en l’homme. L’homme dans cette pauvreté retrouve ce qu’il a été éternellement et ce qu’il demeurera à jamais.

Ici Dieu et l’esprit sont un et c’est là la pauvreté la plus essentielle que l’on puisse contempler. Que celui qui ne comprend pas ce discours reste libre en son cœur, car aussi longtemps que l’homme n’est pas semblable à cette vérité, il ne peut pas la comprendre, car c’est une vérité immédiate et sans voile, jaillie directement du cœur de Dieu. Que Dieu nous vienne en aide pour la vivre éternellement…

Ouf ! Bonne lecture et….ne brusquez pas trop vos neurones…

Jacques

Publié le 26 janvier 2011 par Coeur de Lyon007 dans Le Sens de la vie...

Et qu’en est-il des hommes…?   13 comments

Les mâles de toutes les races animales combattent régulièrement pour déterminer quel est le plus fort, le plus digne pour…perpétuer l’espèce.

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Ensuite, le gagnant va faire des yeux doux à la gente féminine…

Mais qu’en est-il des hommes ? Qui “est” celui qui gagne ?

Le plus fort ? Le plus beau ? Le plus riche ? Le plus talentueux ? le plus mystérieux ? Le plus sage ?

A-t-il vraiment évolué ….?

Les valeurs mises en avant dans le monde sont-elles vraiment celles qui permettent de pérenniser l’espèce ?

Jacques

Publié le 22 décembre 2010 par Coeur de Lyon007 dans Non classé

Grand père !   26 comments

Il s’appelle Quentin ! Waouh ! Quelle joie ! Que d’émotions !

Il aurait pu naitre le 10/10/2010 à 10 h 10 mais il est né le 12/10 à 15 h07

C’est le 10ème arrière petit enfant de ma mère et je suis grand papa pour la première fois…

C’est, à cet instant précis, le plus beau bébé du monde… Et Virginie, ma belle fille, la maman la plus heureuse du monde…

Mon coeur (de Lyon) explose…

Jacques

Un an...déjà !

Publié le 14 octobre 2010 par Coeur de Lyon007 dans Non classé

La seule révolution qui vaille…   28 comments

Il n’existe qu’une seule révolution fondamentale. Elle advient lorsque cesse la nécessité d’utiliser l’autre.

Cette transformation n’est pas une abstraction, un espoir, mais une réalité qui peut être vécue dès que nous commençons à comprendre notre mode de relation. On peut donner à cette révolution fondamentale le nom d’amour. Elle est l’unique facteur créatif de transformation de nous-mêmes, et par conséquent de la société…

 

Krishnamurti (1950)

Publié le 10 septembre 2010 par Coeur de Lyon007 dans Le Sens de la vie...

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